LUC LE VERLAN

 
 
 
 

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L’aimant à boudin
 
Il ne se passe pas une semaine
Sans qu’une dinde se ramène
Pour me raconter ses malheurs
Ses coups de cafard ses peines de cœur
Elles me déballent leurs états d’âme
Et d’un rien elles font tout un drame
Pourtant elles devraient se réjouir
Qu’un mec ait voulu les séduire
Quand elles veulent que l’on batifole
J’ai la boite à rythmes qui s’affole
Il faut faire preuve de courage
Pour avoir le cœur à l’ouvrage
 
Je suis un aimant à boudin
Ca tient à quoi, je n’en sais rien
Les meufs à problème, les laiderons
Viennent me voir en consultation
 
C’est moi le lot d’consolation
Pour celles qu’on pas eu leur ration
Et encore les trois quarts du temps
Elles veulent juste parler un moment
Je ne suis pas Gérard Miller
J’n’ai pas becté le dictionnaire
Pour leur sortir des mots savants
Qui expliqueraient leur tourmant
J’ai la poisse qui me colle à la peau
En amour j’n’ai vraiment pas d’pot
J’attire les filles qui ne me plaisent pas
Celles que je désire ne me voient pas
 
 
Je suis le bon samaritain
Mais je ne veux pas que mon destin
Soit d’écouter toutes ces commères
Qui resteront célibataires
Je vous l’avoue ça me fait chier
De consoler ces mal baisées
A mon tour aussi je voudrais
Que miss monde vienne me cajoler
Quelque part ça me fait plaisir
De les voir pleurnicher, souffrir
Je suis un aimant à boudin
En attendant c’est mieux que rien.


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Les spermatozoïdes
 
Depuis que je suis seul j’ai les idées en vrac
J’ai besoin de crier faut que j’deballe mon sac
Ca fait longtemps qu’ça dure, ça dure depuis toujours
J’commence à déprimer, ça me joue de drôle de tours
J’m’organise des courses de spermatozoïdes
Avec une poupée tout en celluloïd
J’ai des pulsions subites, j’ai des envies malsaines
J’deviens neurasthénique, il faut que j’me reprenne
 
 
Quand arrive le soir
Je m’invente des histoires
Dont je suis le héros
Je suis Casanova
Les filles sont dans mes bras
Et elles me trouvent beau
Mais quand le lendemain
Dans mes draps de satin
Je vois pointé le jour
Je me sens rattrapé par la réalité
J’ai l’bourdon qui accourt
 
 
Je vis en parallèle
Dans un monde virtuel
Il faut que j’me réveille
Car quand je fais la fête
Je suis en tête à tête
Seul avec ma bouteille
Je lui parle d’avenir
Mais je n’vois rien venir
C’est à désespérer
J’aimerais revoir le jour
Et puis refaire l’amour
Ne plus rester prostré
 
J’ai l’esprit qui musarde
Le cœur qui se lézarde
Je rêve en noir et blanc
Je veux vivre en couleur
Me shooter au bonheur
Sentir battre mon sang
Dans mon lit à deux places
Certaines nuits je me lasse
De la chercher en vain
Celle qui fera tressaillir
Tout mon corps de plaisir
Jusqu’au petit matin
 
Si dans ma solitude
Je prends des habitudes
C’est pas faute de vouloir
Conjurer le hasard
Sortir de mon placard
Et retrouver l’espoir
Mais ce n’est pas facile
Je suis un peu fébrile
De remonter sur le ring
Je suis persuadé
D’être un mauvais sujet
Une erreur de casting
 
Alors en attendant
Le retour du printemps
Dans ma vie de misère
C’est dans mes nuits d’ivresse
Que je noie ma détresse
Pour que tout s’accélère
Et quand le soir arrive
Mes histoires, mes dérives
Atténuent mon chagrin
Il faudra bien qu’un jour
La roue fasse un grand tour
Pour changer mon destin


**********

Les tétés
 
 
J’aime l’été les tétés
Les petits tétons tentant
Les jolis grains de beauté
Si biens placés, si troublant
 
Ils excitent ma convoitise
Bien cachés sous les chemises
De ces belles vacancières
Qui viennent au bord de la mer
Je voudrais les découvrir
Laisser ma bouche courir
Sur les plaines et les collines
De ces douces colombines
Faire tomber tous les lacets
Pour dévoiler ces secrets
Et pouvoir les contempler
Sans jamais non m’en lasser
 
J’aime tâter à tâtons
Ces jolis petits boutons
Qui frémissent sous les caresses
Qui rougissent et qui se dressent
Sur le chemin de ses grains
J’aimerais poser mes mains
Et elles guideront mes doigts
Vers de mystérieux endroits
Vers des forets tropicales
Aux senteurs épices
Aux abîmes virginales
D’où l’on revient épuisé
 
Bien sur l’été va finir
Mes nymphes vont repartir
Emportant tous ces trésors
Que je câlinerai encore
Quand arrivera l’hiver
Blottis sous les pull-overs
Les fruits de ma tentation
Auront bien quelques frissons
En attendant le retour
De la saison des amours
Mes pécheresses nautiques
Feront des rêves érotiques !


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Hé la vie !
 
Hé la vie ! pense à moi, fais moi une faveur
Ca fait vingt ans qu’j’attend ma p’t’ite part de bonheur
Je suis né par hasard mais c’n’est pas une raison
Pour m’oublier le jour de la distribution
Hé ! souris moi un peu, putain ! fais moi un signe
Aujourd’hui comme hier je sens bien qu’tu rechignes
Ce n’est pas de ma faute si j’suis né par erreur
Alors, file la moi ma p’tite par de bonheur
 
Si la vie c’est la guerre
Je ne suis pas armé
Si c’est une galère
Je ne veux pas ramer
Je ne suis pas sur terre
Pour une éternité
S’il te plait tant qu’ faire
J’voudrais en profiter
 
J’te demande pas grand chose, juste un coin de ciel bleu
Une lueur dans le gris des journées qui défilent
Tiens ! un truc qui serait bien, ça s’rait d’être amoureux
D’un joli
P’tit canon qui voudrait que j’l’enfile
Non ! je n’suis pas grossier, je suis désespéré
Les autres ils y ont droit, moi je peux juste les envier
J’en ai marre d’être encore le dernier de la classe
Le p’tit canard boiteux qu’est mal dans ses godasses
 
Si la vie c’est la guerre
Je ne suis pas armé
Si c’est une galère
Je ne veux pas ramer
Je ne suis pas sur terre
Pour une éternité
S’il te plait tant qu’ faire
J’voudrais en profiter
 
Si tu m’donnes pas l’amour, file moi au moins le fric
Puisqu’avec le pognon, elles me tourneront autour
Ce n’est pas idyllique, ça ne sera pas pour toujours
Juste de simples passades, des filles de la voie publique
Avec elles je n’aurai pas les emmerdes du mariage
Ca ne coûte pas plus cher et c’est plein d’avantages
J’pourrai roter, péter et me laisser aller
Et voir les films de cul le soir à la télé
 
Si la vie c’est la guerre
Je ne suis pas armé
Si c’est une galère
Je ne veux pas ramer
Je ne suis pas sur terre
Pour une éternité
S’il te plait tant qu’ faire
J’voudrais en profiter
 
Hé la vie pense à moi, fais moi une faveur
Si je n’ai pas l’amour, si je n’ai pas le blé
Fais de moi un grand homme, fais de moi un seigneur
Qu’on me traite en héros, que je sois adulé
Quand je serai célèbre à mes pieds elles tomb’ront
Pour être auprès de moi entre elles elles se batt’ront
Je deviendrai très beau et très intelligent
Je serai le plus fort, je serai le plus grand
 
Si je n’ai pas l’amour
Si je n’ai pas l’argent
Si je n’ai pas la gloire
Oublie moi pour toujours
J’m’arrangerais autrement
Je me mettrais à boire.
 
 

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